Delaitre veut bouger Monfils
Deux ans et demi après la fin de leur première collaboration, Olivier Delaitre vient d'accepter de s'occuper à nouveau de Gaël Monfils, et espère réussir à relancer le jeune Français, au talent incontestable mais à la réputation difficile. Dans un entretien accordé à nos confrères de l'Equipe, Delaitre explique son choix et estime pouvoir relancer la carrière de Monfils, à condition qu'il se remette sérieusement à bosser.
L'expérience Pier Gauthier n'aura donc duré que quatre mois à peine. Gaël Monfils a rapidement décidé de se séparer de son entraîneur, et le jeune Français se retrouve à nouveau seul sur le circuit, et se contentait de stages de travail en Floride chez Nick Bolittieri. Grand espoir du tennis tricolore, le Parisien connaît un début de saison catastrophique et n'a plus gagné un match depuis le deuxième tour de l'Open d'Australie en janvier. Il fallait réagir, et il a décidé de se tourner vers une vieille connaissance, son coach jusqu'en junior. Le chantier est donc immense, et Delaitre le reconnaît : «Nous partons un petit peu dans l'inconnu. Gaël est dans le flou depuis janvier. Il a perdu du temps, c'est un fait. Tout va dépendre de ses ambitions, de sa motivation profonde. On ne peut pas espérer rentrer dans le Top 10 en faisant tout et n'importe quoi».
Pêle-mêle, Delaitre estime qu'il faudra travailler le service, la volée («Pour moi, techniquement, Gaël ne sais pas volleyer») , le physique. En revanche, il ne s'inquiète pas du caractère réputé difficile de son nouveau poulain, et réfute l'idée reçue d'une étrange personnalité. «Etrange? Pas si étrange que ça. Gaël est un mec droit qui marche beaucoup à l'affectif. Il a besoin qu'on lui dise la vérité, même si elle n'est pas agréable à entendre, même s'il peut la rejeter de prime abord. Mais il estime que cela doit rester entre lui et le coach. Il a un folie que j'apprécie. Parce que je suis tout l'inverse de lui, il me fait rire».
Au niveau des objectifs, l'ancien vainqueur de la Coupe Davis (en 1991) préfère pour l'instant rester mesuré, mais compte bien relancer l'ancien espoir du tennis français, relégué aujourd'hui autour de la 50e place (49e). «Au niveau de son jeu, ses qualités ne se sont pas envolées. Il a une personnalité vraiment attachante, malgré ses frasques. Il a vraiment un bon fond. Nous allons vivre une aventure tous les deux. Officiellement jusqu'à Bercy (à partir du 29 octobre). Mais nous ferons un point à l'US Open». Les deux hommes pourront déjà se jauger cette semaine à Indian Wells.